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Tou Bichevat : la réponse à la génération « hamburger »

Tou BiChevat n’est pas la fête des arbres décoratifs.
C’est la fête de ce qui pousse lentement, en profondeur, sans bruit.

Un arbre ne se juge pas à son apparence immédiate, mais à ses racines.
S’il est bien enraciné, il traverse les saisons, les sécheresses, les vents contraires.
Il plie parfois, mais il ne rompt pas.

Notre époque valorise l’instant, la performance, l’image.
Face à la génération “hamburger”, qui veut tout, tout de suite, Tou BiChevat est une réponse spirituelle :
contre la culture du tout-prêt et de l’immédiateté, il rappelle que le vivant se cultive, on ne peut pas le commander — et que grandir se fait avec le temps.

L’arbre est un modèle spirituel.
Les racines, c’est ce qui nous relie : la Torah, la transmission, la fidélité à ce que l’on est.
Le tronc, c’est la cohérence : ne pas vivre éparpillé, mais aligné.
Les fruits, ce sont nos actes : ce que notre vie apporte aux autres.

Un arbre peut traverser des périodes sans fruits visibles.
Il n’est pas mort pour autant.
Il travaille en silence.

Tou BiChevat nous apprend à relativiser :
un délai n’est pas un échec,
un silence n’est pas un abandon,
une chute n’est pas la fin.

Même après un écart, même après une fatigue, même après un doute,
si la racine est là, la vie reprend.

Aujourd’hui, Tou BiChevat nous pose une seule question essentielle :
suis-je en train de nourrir mes racines, ou seulement de soigner mon image ?

En somme, Tou BiChevat nous rappelle que la vraie croissance est intérieure,
qu’elle ne se mesure pas en résultats immédiats,
mais en fidélité, en cohérence et en persévérance.

Celui qui persévère, même lentement, finit par porter du fruit.

La profondeur a besoin de durée.

Docteur Gilles Uzzan
Psychiatre – Addictologue