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La Torah face au vide existentiel

Travailler, gagner sa vie, construire une famille, acheter une maison, partir en vacances… tout cela est normal et nécessaire.
La Torah n’a jamais demandé à l’homme de fuir le monde matériel ni de mépriser la réussite sociale.

Le judaïsme ne demande pas de quitter le monde, mais de lui donner une direction.Mais lorsque toute l’existence se résume uniquement à cela, beaucoup finissent par éprouver un sentiment de vide intérieur, une fatigue de vivre difficile à expliquer.
Comme si quelque chose d’essentiel manquait malgré le confort, les projets ou les réussites.

La Torah vient précisément rappeler que l’être humain n’est pas seulement un être de production, de consommation ou de performance.
L’homme possède également une vie intérieure et spirituelle.

C’est pourquoi la tradition juive place au centre de l’existence l’Avodat HaShem : l’étude de la Torah, la téfilah, les mitsvot, la tsédaka, la bonté envers autrui et la responsabilité morale.

Le matériel est important.
Mais il ne doit pas devenir le centre exclusif de notre existence.
Or beaucoup de souffrances contemporaines naissent justement de cette course permanente vers des objectifs matériels qui, une fois atteints, laissent souvent un sentiment d’incomplétude.
Comme le dit Kohelet :
« Celui qui aime l’argent n’est jamais rassasié par l’argent. »
(Ecclésiaste 5:9)
Et les Sages enseignent :
« Celui qui possède cent veut deux cents. »

Lorsqu’il n’existe plus de dimension spirituelle, le risque est que toute l’estime de soi repose uniquement sur la réussite extérieure.
L’être humain a besoin de sens autant que de sécurité.
Peut-être que la première question à se poser à la fin d’une journée n’est pas seulement :
« Ai-je été efficace ? Ai-je réussi matériellement ? »
mais aussi :
— Ai-je pris un moment pour étudier la Torah ?
— Ai-je prié avec sincérité ?
— Ai-je aidé quelqu’un aujourd’hui ?
— Ai-je accompli une mitsva ?
— Ai-je pensé aux autres ?

Le judaïsme ne nie pas l’importance du monde matériel.
Il cherche simplement à rappeler qu’une existence uniquement centrée sur la consommation, la réussite ou l’accumulation risque de devenir monotone et intérieurement pauvre.

Le confort matériel peut remplir une maison.
La spiritualité, elle, remplit une existence.

Docteur Gilles Uzzan
Psychiatre – Addictologue