
Sauver la parole pour éviter le déluge
La Torah dit que le Déluge a été décrété parce que « la terre était remplie de ‘hamas » : la violence.
Et la violence n’est pas seulement physique : elle est aussi verbale, morale, sociale — humiliation, menaces, harcèlement, meute.
À Lyon, la mort de Quentin, 23 ans, nous le rappelle cruellement : quand la violence entre, tout le reste s’effondre.
Aucune cause ne devient juste parce qu’elle crie plus fort.
Aucune idée ne devient vraie parce qu’elle frappe.
Une société tient par une chose simple : la capacité de remplacer le coup par la parole.
Car l’honneur de l’homme, c’est le langage.
La Torah le souligne dès la création : l’homme est appelé Adam, et Onkelos traduit : “l’être qui parle” (roua’h memalela).
Quand le langage se dégrade, la violence prend sa place.
Quand on ne sait plus discuter, on écrase.
Et quand on écrase, on finit par noyer l’humanité.
Notre responsabilité est claire : remettre une frontière.
Refuser la violence sous toutes ses formes, et sauver la parole — ferme, mais humaine.
Docteur Gilles Uzzan
Psychiatre – Addictologue
