
Les Adanim : l’ADN du sanctuaire
Les Adanim (אֲדָנִים) sont les socles en argent qui soutenaient les planches du Mishkan (Sanctuaire). Le mot vient de la racine אדן : base, fondement, support. Sans Adanim, rien ne tient : tout le sanctuaire repose sur ces fondations, discrètes mais indispensables.
L’ADN, lui, est un acronyme moderne : la molécule qui contient le code biologique d’un être vivant et organise son développement, son fonctionnement et sa transmission.
Il n’y a aucun lien étymologique historique entre les deux termes. La Torah n’est pas un traité de linguistique moderne, elle nous autorise toutefois une lecture symbolique : la proximité sonore entre Adanim et ADN devient une image parlante pour notre époque.
Si l’on ose une lecture contemporaine : l’ADN est ce qui structure le vivant de l’intérieur, une base invisible et stable qui porte l’identité. Les Adanim, eux, structurent le sanctuaire : une base invisible et stable qui porte l’identité spirituelle. Le Mishkan (Sanctuaire) repose sur quelque chose de fondamental, que l’on ne voit presque pas — mais sans lequel tout s’écroule.
Et ce n’est pas un hasard si ces socles étaient fabriqués avec l’argent du demi-chékel, donné par chaque membre du peuple (Chémot 30). Tout le monde donnait la même somme — ni plus, ni moins. Le fondement n’est pas l’élite : il est le peuple tout entier. Et le fait même que ce soit un demi-chékel enseigne que seul, on n’est qu’une moitié. C’est l’union qui crée la base.
Les planches représentent l’élévation. Les Adanim représentent l’ancrage. Sans base solide, toute élévation devient instable. De même que l’ADN structure le corps, les Adanim structurent le sanctuaire.
Ce qui soutient une vie — ou une société — ce ne sont pas seulement les sommets : ce sont les fondations invisibles.
Il existe dans chaque génération des personnes inconnues, modestes, d’une honnêteté exceptionnelle — et c’est souvent sur elles que le monde tient. Elles ne font pas de bruit, ne cherchent pas la lumière, mais elles sont comme des Adanim : discrètes, solides, indispensables.
D’où l’importance de respecter chaque être humain, quel qu’il soit : car celui que l’on néglige aujourd’hui est peut-être, en réalité, l’un de ces fondements silencieux qui empêchent le monde de vaciller.
Docteur Gilles Uzzan
Psychiatre – Addictologue
