
Eloul : la psychothérapie de l’âme
Le mois d’Eloul est, dans la tradition juive, le mois de la téchouva.
On traduit souvent téchouva par « repentir », mais le mot signifie littéralement « retour » : revenir vers Dieu, mais aussi revenir vers soi-même.
Sur le plan psychologique, tout changement commence par une étape essentielle : prendre conscience de son propre fonctionnement. Observer ses comportements, identifier certains automatismes et se demander ce que l’on souhaiterait faire évoluer.
La téchouva n’est donc pas une invitation à culpabiliser. La culpabilité excessive enferme ; la prise de conscience, lorsqu’elle conduit à l’action, peut au contraire permettre d’avancer.
On pourrait presque faire un parallèle avec la psychothérapie. Celle-ci nous aide à mieux comprendre notre fonctionnement psychique, à prendre conscience de certains automatismes et, lorsque cela est nécessaire, à les faire évoluer. Le mois d’Eloul nous invite, lui aussi, à ce travail d’introspection : prendre un peu de recul sur nous-mêmes, sur nos comportements et sur la direction que nous souhaitons donner à notre vie.
En ce sens, Eloul pourrait être vu, symboliquement, comme une véritable psychothérapie de l’âme : un temps pour s’interroger, se recentrer et donner du sens au changement.
Ce mois d’Eloul, qui est le dernier mois de l’année juive, nous propose ainsi une sorte de bilan annuel intérieur, afin d’aborder la nouvelle année avec de nouvelles intentions et peut-être une manière différente d’avancer.
Car finalement, en psychothérapie comme dans la téchouva, changer ne signifie pas devenir quelqu’un d’autre, mais peut-être se rapprocher un peu plus de celui que l’on souhaite être.
Docteur Gilles Uzzan
Psychiatre – Addictologue – Expert judiciaire
