
De Pourim à Pessah : de la survie à la liberté
Entre Pourim et Pessa’h, il y a à peine un mois. Pourtant, ces deux fêtes racontent deux moments très différents de l’histoire juive — et deux étapes de notre parcours.
Pourim parle de survie en exil. Le peuple juif est dispersé dans l’empire perse. Dieu n’est même pas mentionné dans la Méguila. Tout semble se jouer dans les coulisses de l’histoire : des décisions politiques, des intrigues de palais, des retournements imprévisibles. Le miracle est caché. On vit dans un monde où l’identité juive est menacée, où il faut parfois se cacher, attendre, et trouver le courage d’agir au bon moment, comme Esther.
Pessa’h raconte autre chose : la sortie à découvert. Cette fois, Dieu intervient ouvertement dans l’histoire. Les plaies d’Égypte, la mer qui s’ouvre, la naissance d’un peuple libre. On ne subit plus l’histoire : on marche désormais sur un chemin choisi.
Autrement dit : Pourim nous apprend à tenir bon en exil. Pessa’h nous apprend à ne plus subir et à marcher en homme libre.
Cette transition est très actuelle.
Beaucoup de moments de la vie ressemblent à Pourim : tout est flou, on ne comprend pas, on avance sans savoir où cela mène. On fait attention, on se tait parfois, et on essaie juste de tenir.
Mais ces périodes ne sont pas perdues. Souvent, elles préparent une “sortie d’Égypte” personnelle.
Pessa’h nous rappelle une chose : le miracle, ce n’est pas seulement d’être sauvé. C’est de devenir libre.
On peut survivre sans être libre. On peut sortir d’un danger et garder ses peurs.Néanmoins, la vraie liberté, ce n’est pas ne plus avoir de peurs : c’est ne plus être mené par elles.
Pourim : on respire. Pessa’h : on renaît.
Docteur Gilles Uzzan
Psychiatre – Addictologue
