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Pour Ilan

Vingt années sont écoulées.

Aucun de nous n’a oublié.

Piégé par une vile coquine

Qui convoitait de belles bottines,

Tu es allé vers les barbares.

Bien sûr, tu n’pouvais pas savoir.

Sans un seul regard de pitié

Ils t’ont humilié, torturé.

C’est pour son argent, disaient-ils.

Comment croire ce prétexte futile ?

Les juifs sont riches, chacun le sait,

Répétaient-ils sans se lasser.

Le seul mobile qui les habite

C’est bien la haine antisémite.

Ils t’ont frappé, défiguré.

Ils t’ont mutilé, affamé

Avant de lâchement te laisser

Tout à coté d’une voie ferrée.

Tes bourreaux ont bien été pris,

Et ils ont même été punis.

Peut-on jamais payer le prix

Après avoir ôté une vie ?

On a déraciné tes arbres,

On a brisé les plaques de marbre.

Mais, tous, nous les replanterons.

Pour la mémoire, nous en graverons.

Repose en paix en Israël,

Terre d’élection de l’Eternel.

Adieu cher Ilan Halimi.

Que ton souvenir soit béni.

Jean-Jacques Biton