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Évitez de montrer les images des civils pris en otage à Gaza à vos enfants !

Nous sommes rivés sur nos smartphones, nos radios et nos télévisions à suivre en famille avec attention l’évolution de la situation en Israël. Nous avons tous été choqués par ces scènes de violence à l’égard des civils israéliens par les membres du Hamas. La peur dans le regard de cette jeune fille tirée de force hors de la voiture par les cheveux nous remplit d’effroi. L’humiliation de cette femme âgée exhibée comme un trophée de guerre nous plonge dans la tristesse. Comment ne pas repenser à ces images terribles de Juifs humiliés par les SS pendant la Shoah ?

Il convient toutefois de faire attention aux conséquences que peuvent avoir chez les enfants la visualisation de ces images violentes et choquantes en particulier à l’âge préscolaire. C’est ce que vient de montrer une récente étude canadienne réalisée par le professeur Linda Pagani de l’université de Montréal ( J Dev Behav Pediatr. 2023 Jan 1;44(1):e1-e11.) qui vient souligne les effets néfastes à moyen et à long terme de la visualisation de ces images violentes sur les jeunes enfants. Les auteurs de ce travail ont identifié au sein d’une population de 978 filles et de 998 garçons âgés de 12 ans ceux qui ont déclaré qu’ils avaient visualisé des émissions télévisées violentes à l’âge préscolaire (entre 3 et 5 ans). Ils ont ensuite interrogé les parents et les enseignants de ces enfants qui avaient vus des images violentes et ceux qui n’avaient pas vus d’images violentes à l’âge préscolaire. Ils se sont aperçus que la visualisation d’émissions télévisées violentes à l’âge préscolaire était associée à un risque plus important de détresse émotionnelle, de troubles de l’attention, d’un comportement socialement isolé et de difficultés scolaires.

Selon cette étude, la violence perçue et reçue peut entraîner des détresses émotionnelles, une distorsion de la réalité, avec pour conséquence une passivité dans leur parcours scolaire. Les jeunes enfants confronté à des images violentes ont du mal à distinguer le réel du fictif, et les images télévisuelles montrant des corps ensanglantés même limitées à un écran, peuvent leur sembler réelles, influençant potentiellement le comportement et les choix de vie de l’enfant et du futur adolescent.

Le caractère flou des images qu’on voit à la télévision sont susceptibles d’accroître l’horreur de la situation avec des conséquences non négligeables.

Il devient donc essentiel de surveiller et de limiter l’exposition de son enfant aux écrans et à la visualisation d’images violentes. C’est ce que nous faisons en cas de projection d’un film ou d’une série violente. En revanche nous ne faisons pas autant attention au moment des actualités. La prévention et la communication demeurent les meilleures défenses face à la profusion d’images circulant sur Internet et les écrans. Ne l’oublions pas !!

Dr. Bruno HALIOUA